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Qu’est ce qui change dans l’accueil des enfants à besoins de santé particuliers ?

Les familles arrivent avec plus de documents qu’avant, les demandes d’accueil inclusif se banalisent et l’écrit remplace peu à peu l’accord oral entre une mère et une professionnelle. Voici les évolutions qui se voient déjà chez les assistantes maternelles, et la manière de s’y préparer sans devenir secrétaire à plein temps.

Article signé Jimenez Julien, dans La Fiche du jour, le magazine de Nourrizen pour les assistantes maternelles agréées

Deux assistantes maternelles discutant autour d’une table basse couverte de fiches cartonnées dans une salle d’activité claire d’un relais petite enfance

Vous l’avez sans doute déjà remarqué en entretien: les familles arrivent avec des documents, et elles posent des questions précises avant de parler des horaires.

Ce qui change tient en quatre mouvements. L’accueil d’un enfant à besoins de santé particuliers est devenu une demande ordinaire et non plus une exception. Le document individualisé, longtemps réservé à l’école, se diffuse vers les modes d’accueil du jeune enfant. L’écrit daté prend la place de l’accord oral entre une mère et sa professionnelle. Et les informations de santé de l’enfant sont désormais traitées comme des données sensibles, y compris chez vous.

Aucun de ces mouvements ne vous demande de devenir secrétaire. Ils demandent trois ou quatre gestes fixes, installés une fois, tenus ensuite sans y penser. Voici lesquels, et surtout ce qu’il est inutile de faire.

L’accueil inclusif est devenu une demande ordinaire

Il y a quelques années, une situation de santé se découvrait souvent en cours de contrat, au détour d’une phrase. Aujourd’hui, elle est annoncée dès le premier rendez vous.

Des familles qui cherchent une place avec un protocole en main

La mère qui vous appelle a souvent déjà consulté, déjà obtenu une prescription, déjà entendu le mot protocole dans la bouche d’un médecin. Elle ne vient pas vous demander si vous acceptez un enfant, elle vient vous demander si vous savez faire.

Ce déplacement est une bonne nouvelle pour vous. Une situation annoncée se prépare, alors qu’une situation découverte en février se rattrape dans l’urgence.

Ce que cela change dans l’entretien de première rencontre

Trois questions méritent d’être posées par vous, avant que la famille ne les pose. Quels gestes exactement attendez vous de moi au quotidien. Quels documents existent déjà et lesquels restent à obtenir. Que se passe t il si la consigne change en cours de mois.

Ces trois questions ne refroidissent personne. Elles rassurent, parce qu’elles montrent que vous connaissez le sujet et que vous ne dites pas oui à l’aveugle.

Elles vous permettent aussi de dire non à une partie de la demande sans dire non à l’accueil. La charte nationale pour l’accueil du jeune enfant pose l’accueil de tous les enfants comme un principe, elle ne vous impose pas d’assurer un geste que vous n’estimez pas pouvoir tenir en sécurité. Ce que le cadre exige réellement avant une administration est détaillé dans notre article sur ce qu’il faut réunir pour donner un médicament à un enfant accueilli.

Le document individualisé s’installe dans les modes d’accueil

Le deuxième mouvement est plus discret, et il crée beaucoup de confusion entre collègues. Il concerne le document écrit qui décrit la conduite à tenir pour un enfant précis.

Le projet d’accueil individualisé, d’abord pensé pour l’école

Le projet d’accueil individualisé pour raison de santé a été organisé pour l’école et les collectivités, notamment par la circulaire du 10 février 2021. Il réunit la famille, le médecin et la structure autour d’un document commun qui dit quoi faire, quand et par qui.

Sa logique se diffuse maintenant vers l’accueil du jeune enfant, parce qu’elle répond exactement au problème que vous connaissez: une consigne de santé qui doit rester lisible même quand la personne qui l’a reçue n’est pas là.

Cela ne veut pas dire qu’un projet d’accueil individualisé au sens scolaire s’applique automatiquement chez vous. Cela veut dire que l’esprit du document, écrit, daté, partagé, est devenu la référence commune de tout le secteur.

Ce que les services départementaux attendent en accueil individuel

C’est ici qu’il faut être honnête: les pratiques varient d’un département à l’autre. Certains services de protection maternelle et infantile diffusent une trame, d’autres attendent simplement un écrit clair et signé par les responsables légaux.

La bonne démarche est donc la même partout, mais elle passe par un appel. Demandez à votre service départemental quelle forme il attend pour un protocole individualisé, et faites le avant de constituer votre dossier plutôt qu’au moment d’une visite.

Ne recopiez pas un modèle trouvé ailleurs sans cette vérification. Un document inadapté au département coûte plus de crédit qu’il n’en rapporte. La liste des pièces à pouvoir présenter est reprise dans notre article sur les documents à montrer à la PMI pour un enfant à consignes de santé.

L’écrit remplace progressivement l’accord oral

Le troisième mouvement est le plus profond, et c’est celui qui inquiète le plus les professionnelles installées depuis longtemps. Il donne pourtant le sentiment inverse une fois qu’il est en place.

Une profession qui documente ce qu’elle fait

La confiance entre une mère et son assistante maternelle ne disparaît pas. Elle s’appuie simplement sur autre chose que la mémoire de deux personnes fatiguées le soir.

Autorisation écrite des responsables légaux, ordonnance en cours de validité, journal des administrations, transmission du soir: chacun de ces écrits existait déjà, mais séparément. Ce qui change, c’est qu’ils sont désormais attendus ensemble, et datés.

Cette évolution vous protège plus qu’elle ne vous contraint, à une condition stricte: l’écrit doit rester court. Un document de six pages ne sera pas tenu, et un document non tenu ne vaut rien le jour où il faudrait s’y référer.

Le message informel devient un point de départ, pas une preuve

Un message envoyé à sept heures quarante par une mère dans les transports reste précieux: il vous informe. Il ne constitue pas une autorisation, et il ne le deviendra pas parce que vous l’avez recopié proprement sur votre fiche.

La pratique qui s’installe consiste à traiter ce message comme un déclencheur. Vous appliquez ce qui relève de l’organisation courante, vous demandez un écrit pour ce qui touche à un traitement ou à une éviction alimentaire.

Le choix du support compte autant que le geste, et nous avons comparé les trois qui coexistent aujourd’hui dans notre article sur le cahier papier, les messages et la fiche signée pour suivre les consignes.

Les données de santé imposent de nouvelles habitudes

Quatrième mouvement, moins visible mais bien réel: ce que vous notez sur un enfant n’est pas une information ordinaire.

Ne collecter que le nécessaire, conserver de façon fermée

Les informations de santé relèvent des catégories particulières de données protégées par le règlement général sur la protection des données. En clair, elles se collectent avec parcimonie et se conservent à l’abri.

Trois habitudes suffisent à tenir cette exigence sans y penser. Ne demandez que ce qui sert à l’accueil, pas l’historique médical complet de l’enfant. Rangez les documents dans une pochette fermée, hors de portée des familles qui passent. Rendez ou détruisez ce qui n’a plus d’usage à la fin du contrat.

Vous pouvez retrouver les principes applicables aux données de santé auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, qui publie des repères pour les professionnels.

Les conversations de groupe entre parents et professionnelles

C’est le point le plus sensible du moment, et le plus facile à corriger. Une allergie, un traitement, un diagnostic n’ont rien à faire dans une conversation de groupe, même bienveillante, même entre collègues.

La règle tient en une phrase: une information de santé se transmet à la personne concernée, jamais à un ensemble de personnes. Cela vaut pour le groupe des parents d’une sortie comme pour le groupe des assistantes maternelles de votre secteur.

Si vous avez besoin d’un conseil sur une situation précise, décrivez le problème sans nommer l’enfant. Vous obtiendrez la même aide sans exposer une famille.

L’exercice partagé et le rôle du relais petite enfance

Dernier changement, celui de l’organisation du métier lui même. Vous travaillez de moins en moins seule, et cela modifie la nature de vos écrits.

Maisons d’assistantes maternelles et remplacements

L’exercice en maison d’assistantes maternelles, prévu par le code de l’action sociale et des familles, se développe, et les remplacements ponctuels entre collègues se sont banalisés.

Cela impose un critère nouveau à vos supports: une fiche doit pouvoir être transmise à une collègue en cinq minutes, sans commentaire oral. Si la fiche a besoin de vous pour être comprise, elle n’est pas encore utilisable.

Testez le. Donnez votre fiche à une collègue et taisez vous pendant qu’elle la lit: ses questions diront exactement ce qui manque.

Un tiers qui aide à formuler une demande difficile

Demander un écrit à une mère que vous appréciez est un exercice inconfortable, surtout quand le contrat dure depuis deux ans et que tout se passait bien.

C’est précisément le rôle des relais petite enfance, prévus par le code de l’action sociale et des familles. Ils vous aident à formuler une demande, à préparer un avenant, à clarifier une consigne avant que la situation ne se bloque.

Passer par eux tôt évite de devoir arbitrer seule une divergence devenue tendue. Les informations générales sur l’exercice du métier et les démarches se consultent sur le site officiel de l’administration française.

S’y préparer sans se transformer en secrétaire

Reste la question pratique: par où commencer, et jusqu’où aller.

Trois gestes à installer cette saison

  1. Une trame unique de fiche par enfant, la même pour tous, découpée par moment de journée.
  2. Un contrôle mensuel des dates de validité, posé un jour fixe, ordonnances et autorisations comprises.
  3. Une transmission du soir en cases plutôt qu’en phrases, avec une ligne pour ce qui n’a pas été donné.

Trois gestes, pas dix. Une organisation qui demande plus que cela ne tient jamais un trimestre complet.

Ce qu’il ne sert à rien de faire

Multiplier les documents est le premier piège. Deux supports qui disent la même chose finissent toujours par se contredire, et c’est la version fausse que l’on lira le mauvais jour.

Recopier un modèle inadapté à votre département en est un deuxième. Archiver une version périmée dans la même pochette que la version courante est le troisième, et probablement le plus dangereux des trois.

Ces évolutions vont dans un sens favorable à votre métier: elles reconnaissent que l’accueil d’un enfant à besoins particuliers est un travail qualifié. Elles ne deviennent une charge que si vous les tenez à la main, sur plusieurs supports. C’est la raison d’être de Nourrizen, qui range les consignes permanentes, les autorisations datées et les ordonnances en fiches courtes par moment de journée.

Pour voir ce que cela donnerait sur vos accueils en cours, demandez une démonstration de Nourrizen ou un devis.

La fiche du jour, prête avant la première arrivée

Nourrizen range les consignes reçues de la mère en fiches action très courtes, par moment de journée, chacune rattachée à l’écrit qui l’autorise. Les allergies, les évictions, le panier repas fourni et les traitements autorisés s’affichent le matin, la transmission du soir se rédige toute seule.

Partez d’un accueil réel : décrivez en deux lignes la situation qui vous occupe en ce moment, une allergie confirmée, un reflux avec épaississant, une crème du soir ou un panier repas quotidien, et nous vous montrons la fiche correspondante remplie avec vos consignes.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur des articles de La Fiche du jour

L’auteur de cet article

Jimenez Julien

Il conçoit Nourrizen avec des assistantes maternelles agréées qui accueillent des enfants à consignes de santé, entre ordonnances datées, évictions alimentaires, autorisations écrites et paniers repas fournis par les familles. Il écrit La Fiche du jour en s’en tenant aux textes français applicables aux modes d’accueil du jeune enfant et aux questions qui reviennent vraiment sur le pas de la porte.

Le parcours de Jimenez Julien et les règles de conception de Nourrizen

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Le magazine donne des méthodes de terrain et cite le cadre français applicable. Il ne remplace ni l’avis du médecin qui a prescrit, ni celui du service de protection maternelle et infantile de votre département.