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Combien de temps et d’argent vous coûtent vraiment les consignes de santé au quotidien ?

Le suivi des consignes ne figure sur aucune ligne de votre rémunération, mais il occupe une place réelle dans la journée et dans le budget. Voici la méthode pour chiffrer ce temps poste par poste, le convertir avec votre propre tarif, et évaluer ce que coûte un incident, sans avancer un seul chiffre inventé.

Article signé Jimenez Julien, dans La Fiche du jour, le magazine de Nourrizen pour les assistantes maternelles agréées

Assistante maternelle assise à sa table de cuisine avec un carnet à colonnes, une calculatrice de poche et une tasse, en fin de journée claire

La question tourne dans les groupes de collègues sans jamais recevoir de réponse franche. Voici la réponse d’abord, le détail ensuite.

Le suivi des consignes de santé vous prend deux blocs de minutes par jour et par enfant concerné, un à l’arrivée, un à la transmission du soir. Il vous prend ensuite quelques euros de matériel par mois, pochettes, impressions, doseurs, boîtes de rangement. Et il vous prend, de très loin le plus cher, le jour où un accueil s’arrête sur un malentendu.

Aucun chiffre national ne vaut pour vous: votre taux horaire, le nombre d’enfants accueillis et la place des consignes dans votre journée changent tout. Mesurez une semaine ordinaire, puis convertissez avec vos propres valeurs. C’est ce que fait cet article, poste par poste, sans vous imposer un chiffre venu d’ailleurs.

PosteQuand il se produitCe qui n’est jamais compté
Réception des consignesÀ l’arrivée de l’enfantLa reformulation à la mère et l’attente d’une réponse
Contrôle du panier repas fourniDans la demi heure qui suitLe marquage au prénom et le passage au froid
Préparation des repas selon consignesAvant le déjeunerLa deuxième assiette, préparée à part
Administration et trace écriteAux heures de priseLa vérification de la date sur l’ordonnance
Transmission du soirAu départ de l’enfantLa reprise de mémoire de la journée entière
Relances et recherche de documentsAprès le départ des enfantsLe temps passé à retrouver un message ancien

Mesurer avant d’estimer, une semaine de relevé

Choisissez une semaine banale, sans adaptation en cours ni remplacement. Posez une feuille sur le plan de travail et notez seulement deux choses, l’heure de début et l’heure de fin de chaque poste.

Les six moments à chronométrer

  1. La réception des consignes du matin, depuis la première phrase de la mère jusqu’à votre reformulation.
  2. Le contrôle des paniers repas fournis, réception, identification, mise au froid.
  3. La préparation des repas selon les évictions et les textures demandées.
  4. L’administration d’un traitement et la ligne écrite qui la suit.
  5. La rédaction de la transmission du soir, pour chaque enfant à consignes.
  6. Les relances, appels et recherches de documents, une fois la maison vide.

Relevez ces six postes séparément, jamais en bloc. Un total unique de trente minutes ne vous dit rien, alors que six chiffres vous montrent immédiatement lequel se répare et lequel est incompressible.

Pourquoi l’estimation de mémoire se trompe toujours dans le même sens

Demandez à une collègue combien de temps lui prend sa transmission du soir. Elle répondra deux minutes. Elle pensera au temps d’écriture, pas au temps de reconstitution qui le précède.

C’est le biais constant de ce métier: nous comptons le geste et nous oublions l’interruption. Vous étiez au change quand vous avez repensé à la crème, vous avez posé l’enfant, vérifié la boîte, repris le change. Ces quarante secondes ne se voient nulle part et se répètent huit fois par jour.

L’estimation de mémoire se trompe donc toujours vers le bas. Un relevé écrit donne un total nettement supérieur à celui que l’on annonçait avant de mesurer, et c’est pour cela qu’il vaut la peine d’être fait une fois.

Le temps du matin, poste par poste

Écouter, comprendre, reformuler, vérifier

Une consigne reçue le matin passe par quatre gestes, et chacun prend du temps. Écouter la phrase dite sur le pas de la porte. Comprendre ce qu’elle change concrètement dans la journée. Reformuler à voix haute pour vérifier que vous avez compris la même chose que la mère. Contrôler enfin ce qui se contrôle, la date d’une ordonnance en cours de validité, la présence de la notice, le prénom sur la boîte du panier repas fourni par la famille.

Le quatrième geste est celui que l’on saute quand la journée démarre mal. C’est aussi celui qui coûte le plus cher quand il manque, parce qu’il est le seul à révéler une pièce absente avant l’heure de la prise.

Le coût caché des consignes contradictoires

Le cas le plus coûteux n’est pas la consigne nouvelle, c’est celle qui en contredit une autre. Une éviction notée au contrat en septembre, et une phrase de ce matin qui l’assouplit pour un goûter d’anniversaire.

Vous ne perdez pas deux minutes, vous perdez la journée. La question revient à chaque repas, à chaque contact avec un autre enfant, et vous la portez jusqu’au soir sans pouvoir la refermer.

Ce poste ne se réduit pas en allant plus vite. Il se réduit en tranchant tout de suite, par un message qui demande laquelle des deux consignes s’applique aujourd’hui. Nous avons détaillé les fautes de suivi qui se paient le plus cher dans notre article sur les erreurs de consignes qui font perdre un contrat d’accueil.

Le temps du soir et le temps invisible

La deuxième masse de temps se situe après dix sept heures, et elle est encore plus mal comptée que celle du matin, parce qu’elle empiète sur ce qui n’est plus tout à fait votre journée de travail.

Rédiger la transmission sans y passer une demi heure

Une transmission du soir écrite en phrases libres demande de se souvenir, de choisir les mots, de peser le ton pour ne pas inquiéter la mère. Trois opérations, trois fois du temps.

La même transmission écrite en cases demande de cocher et de compléter. Ce qui a été donné, ce qui ne l’a pas été et pourquoi, ce qui manque pour demain, ce qui a été refusé par l’enfant.

Le passage des phrases aux cases est le levier le plus rentable de tout cet article. Il ne change rien à la qualité de l’information transmise, il supprime seulement le travail de rédaction qui l’entourait.

Les appels, les relances et la recherche du bon papier

Vient ensuite le temps que personne n’annonce: rappeler une mère qui n’a pas répondu, redemander une ordonnance renouvelée, remonter trois semaines de messages pour retrouver une quantité exacte.

Trois habitudes le réduisent vraiment: une pochette par enfant et une seule, une trame fixe qui ne change pas d’un jour à l’autre, un contrôle des dates de validité posé à jour fixe plutôt qu’au moment de la prise.

Convertir ce temps en euros avec votre propre tarif

La méthode de calcul, sans chiffre imposé

Additionnez les minutes relevées sur la semaine. Divisez par le nombre de jours du relevé pour obtenir une moyenne quotidienne. Multipliez par le nombre de jours que vous travaillez dans un mois. Divisez par soixante pour passer en heures. Multipliez enfin par votre taux horaire net d’accueil.

Refaites l’opération une seconde fois en ne gardant que les postes évitables, relances, recherches de documents, rédaction libre de la transmission. Cette deuxième somme est celle qui compte: c’est la seule que vous pouvez récupérer.

Ce que la rémunération couvre et ce qu’elle ne couvre pas

Votre salaire rémunère l’accueil de l’enfant. L’indemnité d’entretien, dont le montant minimum est fixé par voie réglementaire et rappelé par la convention collective nationale des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile, couvre les frais liés à cet accueil, matériel, eau, électricité, jeux, usure du logement.

Elle ne rémunère pas un travail administratif. C’est une nuance importante à connaître avant de vous dire que ce temps est déjà payé, car il ne l’est pas au titre de l’entretien.

Autre point souvent mal compris: quand la famille fournit les repas, aucune indemnité de repas ne lui est due, alors même que le panier repas fourni vous demande plus de manipulations qu’un repas que vous auriez préparé. Les règles applicables au calcul de la rémunération et des indemnités sont consultables auprès du service Pajemploi de l’Urssaf, qui gère les déclarations des parents employeurs.

Les coûts matériels et les coûts de remplacement

Pochettes, impressions, rangement et matériel de dosage

  • Une pochette fermée par enfant à consignes, remplacée quand elle se déchire.
  • Le papier et l’encre des fiches affichées, réimprimées à chaque modification de consigne.
  • Un doseur propre à chaque enfant, pour ne jamais mélanger deux traitements.
  • Des boîtes de rangement séparées, pour tenir une éviction alimentaire à distance du reste.
  • Parfois une place de froid supplémentaire, quand deux paniers repas arrivent le même matin.

Le repas de secours quand le panier est inutilisable

Le poste le plus irritant est le plus imprévisible. Le panier oublié à la maison, la boîte restée dans une voiture, le contenu non identifiable ou pas au bon froid.

La règle se pose au contrat, pas le jour même: qui fournit le repas de remplacement, comment il est signalé, comment il est éventuellement compensé. Le déroulé complet d’un accueil de ce type est décrit dans notre article sur une adaptation avec allergie au lait et panier repas fourni.

Le coût d’un incident, le plus lourd de tous

Reste le poste que personne ne veut chiffrer, et qui écrase pourtant tous les autres. Il ne se produit pas souvent, mais quand il se produit, il efface plusieurs mois de minutes économisées.

Une place qui se libère au mauvais moment

Une rupture de contrat après une erreur de consigne ne se rattrape pas en quinze jours. Une place qui se libère en février ne se repourvoit pas comme une place de septembre, et la période de préavis prévue par la convention collective n’efface pas ce décalage.

Le manque à gagner déborde des semaines vides: visites de familles, entretiens sans suite, nouvelle adaptation à mener.

Le temps passé à s’expliquer et à reconstituer

À cela s’ajoute une charge que l’on n’imagine pas tant qu’on ne l’a pas vécue: reconstituer, semaine après semaine, ce qui s’est réellement passé, alors que les traces manquent.

Les échanges avec la famille se multiplient, parfois une information est portée à votre service départemental de protection maternelle et infantile, et vous passez des soirées à chercher dans quel message vous aviez signalé le flacon vide. Le texte qui organise votre agrément et votre exercice, aux articles L. 421-1 et suivants du code de l’action sociale et des familles, se consulte sur le site officiel Legifrance.

Comparez honnêtement les deux ordres de grandeur. D’un côté, quelques minutes par jour pour tenir une trace écrite régulière. De l’autre, plusieurs semaines de revenus et un hiver de fatigue. Le calcul n’est pas serré.

Ce relevé d’une semaine vous donnera vos propres chiffres, et le calendrier des échéances à préparer chaque année se trouve dans notre article sur les échéances de l’année pour vos accueils à consignes particulières.

Une fois vos postes identifiés, la question devient simple: lesquels acceptez vous de garder, et lesquels confiez vous à un support qui les tient à votre place. C’est exactement ce que Nourrizen tient pour vous, du rappel des évictions à la transmission du soir prête à envoyer.

Pour comparer ce que vous avez mesuré avec ce que vous garderiez réellement en main, demandez une démonstration de Nourrizen ou un devis.

La fiche du jour, prête avant la première arrivée

Nourrizen range les consignes reçues de la mère en fiches action très courtes, par moment de journée, chacune rattachée à l’écrit qui l’autorise. Les allergies, les évictions, le panier repas fourni et les traitements autorisés s’affichent le matin, la transmission du soir se rédige toute seule.

Partez d’un accueil réel : décrivez en deux lignes la situation qui vous occupe en ce moment, une allergie confirmée, un reflux avec épaississant, une crème du soir ou un panier repas quotidien, et nous vous montrons la fiche correspondante remplie avec vos consignes.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur des articles de La Fiche du jour

L’auteur de cet article

Jimenez Julien

Il conçoit Nourrizen avec des assistantes maternelles agréées qui accueillent des enfants à consignes de santé, entre ordonnances datées, évictions alimentaires, autorisations écrites et paniers repas fournis par les familles. Il écrit La Fiche du jour en s’en tenant aux textes français applicables aux modes d’accueil du jeune enfant et aux questions qui reviennent vraiment sur le pas de la porte.

Le parcours de Jimenez Julien et les règles de conception de Nourrizen

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Le magazine donne des méthodes de terrain et cite le cadre français applicable. Il ne remplace ni l’avis du médecin qui a prescrit, ni celui du service de protection maternelle et infantile de votre département.