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Quelles erreurs sur les consignes de santé font vraiment perdre un contrat d’accueil ?

Les ruptures de contrat tiennent rarement à une faute grave. Elles tiennent à une dose approximative, à un papier périmé, à un panier repas mal repéré, à un mot jamais confirmé par écrit. Voici les fautes que l’on retrouve le plus souvent chez des professionnelles sérieuses, et ce qu’elles coûtent réellement.

Article signé Jimenez Julien, dans La Fiche du jour, le magazine de Nourrizen pour les assistantes maternelles agréées

Assistante maternelle en tablier vanille rangeant deux paniers repas marqués sur une étagère de cuisine claire, boîtes de couleurs différentes

Ce ne sont presque jamais les fautes graves qui font perdre un contrat d’accueil. Ce sont six erreurs ordinaires, commises par des professionnelles sérieuses, un jour de fatigue ou de journée chargée.

Elles ont un point commun: aucune ne se voit sur le moment. Elles se révèlent trois semaines plus tard, quand la mère demande pourquoi, et que vous n’avez rien à lui montrer.

Voici les six, dans l’ordre où on les rencontre, avec ce qu’elles coûtent vraiment et le geste qui les corrige.

ErreurCe qu’elle coûteLe geste qui la corrige
Le mot volant comme unique traceAucune preuve de ce qui a été demandéUne trace datée, au même endroit, chaque jour
L’ordonnance jamais rouverteUn traitement donné hors prescription valideUn contrôle des dates à jour fixe
La dose approximativeUn sous dosage ou un surdosage silencieuxUn doseur par flacon, une quantité écrite
Le panier repas non identifiéUne confusion entre deux enfantsPrénom et date à la réception
L’éviction limitée à l’assietteUn contact alimentaire non prévuUne vue de journée qui empile les évictions
Le silence sur une dose non donnéeLa perte de confiance de la familleUne transmission du soir factuelle

Le mot collé sur le plan de travail comme unique trace

Le scénario est toujours le même. Une mère vous glisse une information en attachant son manteau. Vous notez trois mots sur un papier que vous collez près du micro ondes, le temps de finir le change.

Pourquoi un papier volant disparaît toujours le mauvais jour

Le papier tient deux jours. Il finit sous un coup d’éponge, dans la poche d’un tablier passé en machine, ou dans les mains d’un enfant de dix huit mois qui trouve ça très drôle.

Vous vous en apercevez rarement le jour même. Vous vous en apercevez quand vous cherchez la quantité exacte, et que vous ne la retrouvez pas.

La reconstitution de mémoire commence alors, et elle est de bonne foi. Elle est aussi fausse une fois sur deux, parce que trois consignes se sont succédé entre temps.

Ce qu’il reste quand la famille conteste

Le jour où la mère affirme avoir demandé autre chose, votre parole tient face à la sienne, et rien de plus.

Ce déséquilibre pèse lourd si l’échange remonte au service de protection maternelle et infantile: vous n’avez pas de mauvaise foi à démontrer, vous avez seulement un dossier vide à présenter.

Le geste correctif ne demande pas d’organisation nouvelle: une seule et même trace, datée, toujours au même endroit, quelle que soit la façon dont l’information est arrivée. Nous avons comparé les supports possibles dans l’article sur le cahier de liaison, les messages du téléphone et la fiche signée.

L’ordonnance périmée que personne n’a regardée

Celle ci est la plus discrète, parce qu’elle vient d’un geste consciencieux: l’ordonnance a bien été demandée, bien rangée, bien classée. Et jamais rouverte.

La date de la prescription n’est pas la date du renouvellement

Une prescription remise en début de contrat couvre une période précise. Le papier, lui, reste lisible et rassurant dans la pochette pendant des mois.

Vous continuez donc à appliquer une consigne que le médecin a peut être modifiée, arrêtée, ou remplacée lors d’une consultation dont vous n’avez pas été informée.

Le contrôle se cale à date fixe, par exemple le premier lundi de chaque mois: vous ouvrez les pochettes, vous regardez les dates, vous relancez la famille par écrit avant l’échéance et non après.

Le traitement qui continue alors que la consigne a changé

Il arrive aussi que la mère change une consigne oralement, sans nouvelle ordonnance, parce que le médecin le lui a dit au téléphone.

Vous vous retrouvez alors avec deux vérités contradictoires chez vous: un écrit ancien et une parole récente. C’est la configuration la plus risquée de toutes.

La règle qui protège: la consigne écrite fait foi jusqu’à ce qu’un nouvel écrit la remplace, et vous demandez ce nouvel écrit le jour même. Les pièces exigibles sont détaillées dans notre article sur les conditions à réunir avant de donner un médicament à un enfant accueilli.

La dose approximative et la cuillère de la maison

Cette erreur ne fait pas de bruit et ne laisse aucune trace visible. C’est la raison pour laquelle elle dure parfois des semaines.

Le doseur d’un flacon ne convient pas à un autre

Le doseur est resté chez les parents, ou il a été jeté avec l’emballage. Vous prenez alors la pipette d’un autre sirop, ou une cuillère à café de votre tiroir.

Or les graduations ne se correspondent pas d’un produit à l’autre, et la cuillère du service de table n’a aucune contenance garantie. La dose devient une estimation, répétée deux fois par jour.

Le réflexe à installer est très simple: pas de doseur d’origine, pas d’administration. Vous appelez la famille et la dose attend, ce qui est toujours préférable à une quantité devinée.

Ce que veut dire une consigne du type un peu si besoin

Cette formule vous laisse seule juge, et c’est exactement ce qu’il ne faut pas. Le besoin de qui, apprécié sur quel signe, à partir de quelle heure.

Toute consigne qui ne comporte ni quantité ni déclencheur observable repart vers la famille pour précision écrite. Ce renvoi se fait avant le premier jour d’accueil, au moment où tout le monde est disponible et de bonne humeur.

Le faire en cours de contrat reste possible, mais l’effort de reformulation est perçu comme un reproche, ce qu’il n’est pas.

Le panier repas mal identifié et la rupture de la chaîne du froid

Les erreurs matérielles arrivent quand deux familles fournissent des repas la même semaine, ce qui devient courant.

Deux enfants, deux paniers, une seule étagère

Deux boîtes de la même marque, achetées dans le même magasin, posées sur la même étagère. Ni prénom ni date. La confusion n’est pas une négligence, c’est une conséquence prévisible.

Un incident de ce type chez un enfant sous éviction ne se rattrape pas par une explication le soir. Il déclenche un appel au médecin, parfois un passage aux urgences, et souvent la fin de l’accueil.

Une étagère par enfant, un marquage au prénom et à la date à la réception, un rangement immédiat au froid: le trio tient en trente secondes chaque matin.

Le contenant douteux que l’on n’ose pas refuser

Une boîte tiède, un couvercle mal clipsé, un plat préparé l’avant veille dont on ne sait plus rien: vous le voyez, et vous ne dites rien, pour ne pas heurter une mère qui court déjà.

Le refus se prépare avant d’en avoir besoin. Vous convenez au contrat d’une solution de repli, un repas simple que vous tenez en réserve, et d’une façon de l’annoncer.

L’éviction appliquée dans l’assiette et oubliée dans la pièce

Voilà l’erreur des professionnelles les plus rigoureuses. L’assiette est parfaitement conforme, et le risque se déplace ailleurs dans la pièce.

La table partagée, les miettes et les mains

Un enfant qui mange à côté, des doigts qui se croisent, un jouet manipulé juste après le repas, une chaise haute essuyée à la va vite: le contact ne passe pas par l’assiette.

L’organisation qui tient repose sur une vue de journée qui empile les évictions de tous les enfants présents, et non sur une fiche par enfant que l’on consulte l’une après l’autre.

Cette vue croisée dit en un regard ce qui n’entre pas dans la pièce aujourd’hui, quel que soit l’enfant à qui appartient la consigne.

Le goûter d’anniversaire et les aliments apportés par une autre famille

Le gâteau maison apporté par une mère pour l’anniversaire de son fils est le cas d’école. Personne n’en connaît la composition exacte, tout le monde est ravi, et l’enfant sous éviction regarde.

La règle simple, annoncée à toutes les familles dès le contrat, évite d’avoir à trancher dans l’instant.

  • Aucun aliment extérieur n’est distribué s’il ne porte pas une étiquette d’ingrédients lisible.
  • Les anniversaires se fêtent avec un goûter que vous préparez, connu de toutes les familles.
  • Ce que vous ne pouvez pas identifier repart le soir dans le sac, sans discussion et sans jugement.

Les repères de lecture des étiquettes et les obligations d’information sur les allergènes sont rappelés sur le site officiel de l’administration française.

Le silence sur ce qui n’a pas été donné

La dernière erreur est la plus coûteuse sur le plan humain, et c’est aussi la plus compréhensible.

Ne rien dire pour ne pas inquiéter, la fausse bonne idée

Le flacon était resté à la maison. L’enfant a refusé son repas fourni. La crème n’a pas été mise parce que la journée a filé. Vous vous dites que ce n’est pas grave, que vous en parlerez demain.

Sauf que la mère l’apprend autrement: en retrouvant le flacon plein sur le meuble de l’entrée, ou en comptant les doses restantes le dimanche.

Ce n’est pas l’oubli qui casse la relation, c’est le décalage entre ce qu’elle a compris le soir et ce qu’elle découvre après. La confiance ne se répare pas facilement, et c’est souvent là que naît un retrait d’enfant, avec la procédure de fin de contrat prévue par la convention collective nationale des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile.

La transmission du soir qui coupe court aux malentendus

Une transmission utile énonce des faits et ne se justifie pas. Trois lignes suffisent: ce qui a été donné, ce qui ne l’a pas été et pourquoi, ce qui manque pour demain.

Formulée ainsi, elle ne vous met pas en défaut, elle vous met en position de professionnelle qui rend compte. La différence de ton se sent immédiatement.

Le temps que représentent ces gestes est réel, et il se mesure. Nous l’avons chiffré dans notre article sur le temps et l’argent que coûtent vraiment les consignes de santé au quotidien.

Six erreurs, une seule cause

Reprenez la liste: le mot volant, l’ordonnance jamais rouverte, la dose devinée, le panier anonyme, l’éviction limitée à l’assiette, la dose non signalée. Toutes viennent du même endroit, une information qui vit dans votre tête au lieu de vivre sur un support daté.

Tenir ce support à la main, entre deux changes et trois repas, est une charge de plus. C’est pourquoi Nourrizen affiche les évictions, les traitements et les documents qui expirent au fil de la journée, et prépare la transmission du soir à votre place.

Pour passer vos accueils en revue et voir ce que cela donnerait chez vous, demandez une démonstration de Nourrizen ou un devis.

La fiche du jour, prête avant la première arrivée

Nourrizen range les consignes reçues de la mère en fiches action très courtes, par moment de journée, chacune rattachée à l’écrit qui l’autorise. Les allergies, les évictions, le panier repas fourni et les traitements autorisés s’affichent le matin, la transmission du soir se rédige toute seule.

Partez d’un accueil réel : décrivez en deux lignes la situation qui vous occupe en ce moment, une allergie confirmée, un reflux avec épaississant, une crème du soir ou un panier repas quotidien, et nous vous montrons la fiche correspondante remplie avec vos consignes.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur des articles de La Fiche du jour

L’auteur de cet article

Jimenez Julien

Il conçoit Nourrizen avec des assistantes maternelles agréées qui accueillent des enfants à consignes de santé, entre ordonnances datées, évictions alimentaires, autorisations écrites et paniers repas fournis par les familles. Il écrit La Fiche du jour en s’en tenant aux textes français applicables aux modes d’accueil du jeune enfant et aux questions qui reviennent vraiment sur le pas de la porte.

Le parcours de Jimenez Julien et les règles de conception de Nourrizen

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Le magazine donne des méthodes de terrain et cite le cadre français applicable. Il ne remplace ni l’avis du médecin qui a prescrit, ni celui du service de protection maternelle et infantile de votre département.