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Comment transformer les consignes de la mère en fiche du jour vraiment utilisable ?
Le matin, tout arrive en même temps, une ordonnance pliée dans le sac, un panier repas, une phrase dite sur le pas de la porte. Le soir, il faut savoir ce qui a été donné et ce qui ne l’a pas été. Voici la méthode pour ranger ces consignes en une fiche courte, découpée par moment de journée.
Article signé Jimenez Julien, dans La Fiche du jour, le magazine de Nourrizen pour les assistantes maternelles agréées
La réponse tient en quatre gestes: vous triez les consignes selon leur nature avant d’écrire quoi que ce soit, vous les rangez par moment de journée et non par thème, vous les reformulez en lignes d’action, puis vous faites relire, dater et signer la fiche par le parent employeur.
Une fiche utilisable se lit en deux secondes, les mains prises, entre le chauffe biberon et la table à langer. Elle ne raconte rien, elle dit quoi faire, quand, et en quelle quantité.
La suite détaille chacun de ces gestes.
Trier ce qui arrive avant d’écrire quoi que ce soit
Au démarrage d’une adaptation, vous ne recevez jamais une consigne. Vous en recevez sept, par cinq chemins différents: une ordonnance pliée dans le sac, un panier repas, une phrase dite sur le pas de la porte, un message envoyé la veille au soir, une habitude racontée pendant la visite.
Le premier réflexe est de tout recopier au propre. C’est la première erreur: mises côte à côte dans la même écriture, ces consignes prennent toutes la même valeur, alors qu’elles n’en ont pas.
Les trois natures de consigne, permanente, datée, informelle
Une consigne permanente vaut jusqu’à ce que la famille la modifie: une allergie connue, une éviction alimentaire, un rythme de sieste, un doudou qui ne quitte pas le lit.
Une consigne datée porte une échéance: une ordonnance, une autorisation écrite des responsables légaux, un protocole individualisé rédigé avec le médecin. Elle a une date de début, souvent une date de fin, et elle cesse d’être valable sans prévenir.
Une consigne informelle est ce qui vous est dit ou envoyé au fil de l’eau. C’est une vraie information, ce n’est pas un écrit signé.
| Nature | Exemples reçus | Ce que vous en faites |
|---|---|---|
| Permanente | Allergie, éviction, rythme de sommeil, habitude de repas | Elle figure sur la fiche et se relit à chaque avenant |
| Datée | Ordonnance, autorisation écrite, protocole individualisé | Elle est classée avec sa date, et vérifiée avant chaque échéance |
| Informelle | Phrase du matin, message, appel en cours de journée | Elle est appliquée si elle est sans risque, puis confirmée par écrit |
Ce qui est déjà signé et ce qui ne l’est pas encore
Sur votre fiche, une consigne informelle recopiée d’une belle écriture devient trompeuse: elle prend l’apparence d’un écrit alors qu’elle n’en est pas un. Trois mois plus tard, personne ne saura plus d’où elle vient.
Gardez donc une zone distincte pour ce qui est en attente de confirmation, avec la date et l’heure où la phrase a été dite. Cette zone doit se vider: elle n’est pas une réserve, c’est une file d’attente.
Tout ce qui touche à un traitement quitte cette zone avant la première dose. Le détail des pièces à réunir figure dans notre article sur ce que le cadre français exige avant de donner un médicament à un enfant accueilli.
Découper la journée en moments plutôt qu’en rubriques
Une fiche classée par thème, santé, alimentation, sommeil, se lit très bien assise à une table. Elle ne se lit pas quand vous avez un enfant sur la hanche et une cuillère dans l’autre main. Dans l’action, vous ne cherchez pas une rubrique, vous cherchez ce qu’il faut faire maintenant.
Arrivée, matinée, repas, sieste, goûter, transmission
Six moments suffisent à couvrir une journée d’accueil, et ils correspondent aux vrais points de bascule de votre organisation.
- Arrivée: ce que vous vérifiez dans le sac, ce que vous demandez à la mère, ce que vous mettez au froid.
- Matinée: soins d’hygiène, crème, surveillance particulière, sortie autorisée ou non.
- Repas: contenu de l’assiette, éviction, panier fourni, position pendant et après le repas.
- Sieste: couchage, durée maximale convenue, ce qui reste dans le lit.
- Goûter: aliments autorisés, aliments apportés par les autres familles.
- Transmission du soir: ce qui a été donné, refusé, oublié, à renouveler.
Une consigne ne sert que si elle est au bon endroit
Une même consigne apparaît à chaque moment où elle sert, quitte à figurer deux fois. Une éviction au lait se lit au repas, et se relit au goûter.
Une consigne écrite une seule fois, en haut de la fiche, est une consigne que vous relirez le premier jour et plus jamais ensuite.
Écrire une ligne d’action, jamais un paragraphe
Une ligne utilisable tient en une respiration. Le verbe d’abord, la quantité ensuite, la condition à la fin. Rien d’autre.
Le verbe d’abord, la quantité ensuite, la condition à la fin
Comparez ces deux écritures de la même consigne. La mère a dit: elle a la peau très sèche en ce moment, sa crème est dans le sac, mettez lui en si vous voyez que ça tire.
Sur la fiche, cela devient: appliquer la crème fournie sur les joues, après le change de 14 heures, une noisette par joue.
La quantité et l’heure s’écrivent en chiffres. La condition de déclenchement, quand il y en a une, se formule en fait observable: après le change, avant la sortie, si la peau est rouge.
Les mots qui ne doivent pas figurer sur une fiche
Certaines formulations passent très bien à l’oral et deviennent dangereuses dès que la journée s’accélère, ou le jour où une collègue vous remplace.
- Si besoin: besoin de qui, mesuré comment, à partir de quel signe.
- Un peu: un peu pour une mère de trois enfants n’est pas un peu pour vous.
- Comme d’habitude: l’habitude de qui, à quelle date fixée.
- Normalement, en principe: la fiche décrit ce qui doit être fait, pas ce qui se passe d’ordinaire.
Chaque fois qu’une de ces formules apparaît, elle est renvoyée à la famille pour précision, avant le premier jour d’accueil et non pendant.
Le panier repas et l’éviction, deux objets à traiter séparément
Beaucoup de fiches mélangent les deux. Ils n’ont pourtant ni le même rythme ni les mêmes risques: le panier arrive chaque matin, l’éviction dure des mois.
Réception, identification et température du panier fourni
Le panier repas fourni par la famille se traite à l’arrivée, pendant que la mère est encore là. Trois gestes, dans cet ordre.
- Vérifier que chaque contenant porte le prénom de l’enfant et la date du jour.
- Placer immédiatement au réfrigérateur ce qui doit y aller, sans laisser le sac dans l’entrée.
- Signaler tout de suite un contenant abîmé, mal fermé, tiède ou non identifié.
Le refus d’un contenant douteux se note, avec l’heure et le motif, et la solution de repli convenue à l’avance s’applique. Ce n’est pas un conflit, c’est une procédure décidée avant d’en avoir besoin, comme lors du déroulé d’une adaptation avec allergie au lait et repas apportés par la famille.
L’éviction ne concerne pas que l’assiette de l’enfant
L’éviction est presque toujours respectée dans l’assiette concernée, et perdue de vue à l’échelle de la pièce: la table partagée, les miettes, les mains d’un autre enfant, le gâteau apporté pour un anniversaire.
La fiche mentionne donc la règle de pièce, pas seulement la règle d’assiette: où mange l’enfant, ce qui est essuyé avant, ce qui n’entre pas chez vous ce jour là.
Pour les produits industriels, la liste des allergènes à déclaration obligatoire fixée par le règlement européen sur l’information des consommateurs vous donne un repère de lecture d’étiquette. Les fiches de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation complètent utilement ce que la famille vous a expliqué.
Tracer ce qui a été donné, refusé ou oublié par la famille
La trace la plus utile n’est pas celle des journées réussies. C’est celle des écarts.
Trois cases suffisent, donné, non donné, non fourni
Pour chaque ligne d’action de la journée, une seule case est cochée le soir. Donné, non donné, non fourni par la famille.
La troisième case est celle qui vous protège le plus. Un flacon resté à la maison, une boîte oubliée, une crème vide: ce n’est pas votre décision, et cela doit se voir.
Le refus de l’enfant est une information, pas un échec
Un enfant qui recrache une dose, qui refuse la moitié de son repas fourni ou qui s’endort avant le goûter n’est pas un accueil raté. C’est une observation qui intéresse la mère et parfois le médecin.
Notée sobrement, sans excuse, elle change la conversation du soir: vous ne rendez pas de comptes, vous transmettez des faits.
Faire relire, dater et signer la fiche par le parent employeur
Une fiche non relue par la famille reste votre interprétation de ce qu’elle a voulu dire. Une fiche relue et signée devient une base commune.
Le moment de la relecture, à froid, jamais sur le pas de la porte
La relecture ne se fait ni le matin dans le couloir, ni le soir avec trois enfants dans les jambes. Elle se cale sur un temps convenu, dix minutes suffisent, en fin d’adaptation puis à chaque changement.
La mère lit la fiche à voix haute avec vous. Les écarts sautent aux yeux en une minute: une heure qui ne correspond pas, une quantité entendue de travers, une consigne qui n’a plus lieu d’être.
La signature datée ferme la version. Elle ne fige rien pour toujours, elle fixe l’état des consignes à un instant donné, et c’est exactement ce qui vous manque le jour d’un désaccord. Le choix du support compte aussi: nous avons comparé le cahier de liaison, les messages du téléphone et la fiche datée puis signée.
Le modèle de message qui demande une confirmation écrite
Demander un écrit intimide beaucoup de professionnelles, par crainte de paraître méfiante. Une formulation courte et neutre suffit, et elle passe d’autant mieux qu’elle part systématiquement, pour toutes les familles.
Bonjour, je note bien votre consigne de ce matin concernant le goûter de Lina. Pouvez vous me la confirmer par écrit, avec la quantité et le moment, pour que je l’ajoute à sa fiche ? Merci beaucoup, bonne journée.
Ce message se conserve avec la fiche. Il date la consigne et évite la reconstitution de mémoire trois semaines plus tard.
Une fiche vivante plutôt qu’un classeur mort
Trier par nature, ranger par moment, écrire en lignes d’action, cocher les écarts, faire signer: la méthode tient en cinq gestes et ne demande pas une soirée par semaine.
Ce qui prend du temps, c’est de la tenir à jour quand les consignes changent, quand une ordonnance arrive à échéance, quand une deuxième famille apporte ses propres évictions. C’est précisément ce que Nourrizen tient à votre place, en fiches action par moment de journée, avec la transmission du soir prête à envoyer.
Pour voir ce que donnerait votre prochaine adaptation dans cet outil, demandez une démonstration de Nourrizen ou un devis.
La fiche du jour, prête avant la première arrivée
Nourrizen range les consignes reçues de la mère en fiches action très courtes, par moment de journée, chacune rattachée à l’écrit qui l’autorise. Les allergies, les évictions, le panier repas fourni et les traitements autorisés s’affichent le matin, la transmission du soir se rédige toute seule.
Partez d’un accueil réel : décrivez en deux lignes la situation qui vous occupe en ce moment, une allergie confirmée, un reflux avec épaississant, une crème du soir ou un panier repas quotidien, et nous vous montrons la fiche correspondante remplie avec vos consignes.
L’auteur de cet article
Jimenez Julien
Il conçoit Nourrizen avec des assistantes maternelles agréées qui accueillent des enfants à consignes de santé, entre ordonnances datées, évictions alimentaires, autorisations écrites et paniers repas fournis par les familles. Il écrit La Fiche du jour en s’en tenant aux textes français applicables aux modes d’accueil du jeune enfant et aux questions qui reviennent vraiment sur le pas de la porte.
Le parcours de Jimenez Julien et les règles de conception de Nourrizen